« Le Christ, notre Pâque ! » (1 Cor 5,7)

LA PURETÉ QUI EST À NOTRE PORTÉE – commentaire 5ème dimanche de Pâques

LA PURETÉ QUI EST À NOTRE PORTÉE

N’est-ce pas un thème de nature à nous inquiéter que celui de la pureté ? Les plus fervents d’entre nous hésiteraient à se déclarer purs, surtout quand ils lisent dans l’Écriture : « Dieu, même à ses saints, ne fait pas confiance, et le ciel n’est pas pur à ses yeux » (Job 15,15). Toutefois, je remarque que ces mots, pleins de piété revendiquée, sont mis dans la bouche d’Élifaz de Témane, le premiers des amis de Job décidés à lui remontrer qu’il a sûrement mérité ses malheurs. Or, Dieu en jugera autrement à la fin du récit. Et le Christ nous déclare aujourd’hui : « Mais vous, déjà vous voici purifiés par la parole que je vous ai dite » (Jean 15,3).

Pourtant, saint Paul nous donne raison de nous inquiéter dans la lettre aux Romains : « Moi qui voudrais faire le bien, je constate donc, en moi, cette loi : ce qui est à ma portée, c’est le mal » (Rm7,21). Et l’on cite volontiers la parole : « le juste pèche sept fois par jours ». Au vrai, l’Écriture dit plus exactement : « Le juste tombe sept fois, mais se relève » (Pv 24,16) ; et le Seigneur en Luc 17,4 : même si ton frère pèche sept fois par jour contre toi, s’il se repend chaque fois, tu lui pardonneras. Et, certes, notre seul espoir de pureté est le pardon : celui du Christ en qui il nous faut demeurer comme les sarments dans la vigne.

D’ailleurs, la première lettre de saint Jean que nous entendons en ces dimanches de Pâques, nous parle du jour où « nous serons semblables à Dieu car nous le verrons tel qu’il est ». Elle ajoute : « Quiconque met en lui une telle espérance se rend pur comme lui-même est pur » (1 Jn 3,3). Oui, la pureté paradoxale que prêche et donne Jésus est l’indéfectible attachement à la Vigne qu’il est en personne, par le renoncement à soi pour l’amour des autres. Blottis dans cette foi qui fonde notre espérance, nous sommes déjà ce que nous serons : les enfants de Dieu nimbés de sa propre sainteté.

Père Marc Lambret